
Babouin de Guinée au parc animalier sauvage de Port Lympne Crédit: William Warby
Selon une étude publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B, les babouins femelles qui connaissent des difficultés au début de leur vie sont moins sociables en grandissant. Sam Patterson, de l'université de New York, et ses collègues de l'université de Californie et de l'université d'État de l'Arizona ont suivi des babouins femelles adultes à Laikipia, au Kenya, afin d'obtenir des données détaillées sur leurs comportements sociaux. Ils ont révélé un lien entre le comportement social et les expériences vécues au début de la vie.
"Nous suivions une femelle spécifique pendant une période déterminée et enregistrions le moment et la durée de tous les comportements d'intérêt", a expliqué M. Patterson. L'équipe a ensuite combiné ces données comportementales avec 50 ans de données écologiques et démographiques pour mesurer diverses formes d'adversité, telles qu'une faible disponibilité de nourriture et une compétition intense au sein du groupe.
"Si les babouins femelles qui subissent une adversité au début de leur vie ont moins d'interactions sociales avec les autres, nous avons constaté un effet plus important sur le comportement des autres à leur égard", a expliqué Patterson. En effet, selon les scientifiques, les femelles ayant subi une plus grande adversité au début de leur vie reçoivent moins d'attention sociale de la part des autres.
"Nous avons constaté que les femelles qui subissent davantage d’adversité précoce développent des styles d'interaction moins bénins, c'est-à-dire qu'elles sont moins susceptibles de grogner lorsqu'elles s'approchent des autres. Et les femelles qui grognent moins sont moins susceptibles d'être sollicitées et approchées par les autres", a-t-il déclaré.
Ces résultats contribuent à éclairer les mécanismes qui relient l'adversité subie au début de la vie à la socialité ultérieure.
Patterson a ajouté : "Chez l'homme, l'exposition à l'adversité au début de la vie et l'isolement social augmentent le risque de mortalité et la susceptibilité aux maladies. Ces parallèles font qu'il est important de comprendre les liens entre l'adversité au début de la vie, les styles d'interaction et la socialité car ils sont eux même en lien avec la santé et l'aptitude évolutive.