
Babouins à la station de primatologie de Rousset.Crédit : Nicolas Claidiere
Une étude publiée dans Science Advances montre que les babouins de Guinée peuvent choisir de modifier leurs actions pour coopérer avec les autres.
Les chercheurs ont observé 18 babouins dans un environnement semi-naturel participant, par paires, à une tâche de coopération à l'aide d'un système d'écran tactile qui a enregistré 248 616 interactions entre les individus et distribué des récompenses. L'équipe a observé qu'après 95 jours d'interactions, environ huit babouins ont fait preuve d'une adaptation souple pour modifier les choix de stimuli en vue d'un résultat prosocial lorsqu'ils se trouvaient avec un partenaire coopératif qui avait fait un choix similaire lors du test précédent. En l'absence de partenaire, aucun des 18 babouins n'a modifié son comportement.

Un babouin touche la plateforme comportementale et cognitive de la station de primatologie de Rousset.Crédit : Nicolas Claidiere
L'équipe a également constaté que les singes étaient prêts à rester prosociaux même en l'absence d'avantages directs et qu'ils étaient susceptibles d'abandonner les partenaires qui avaient fait un choix négatif lors des tests précédents. Nicolas Claidière, co-auteur de l'étude, du Laboratoire de Psychologie Cognitive de l'Université d'Aix-Marseille, explique à Nature Africa que dans les études sur le comportement social, il n'y a pas de contexte de contrôle expérimental strict des conditions et de l'historique des interactions, où un groupe de singes est libre de participer quand et comme il le souhaite.
"C'est important pour l'étude du comportement social, car les chercheurs n'imposent pas d'interactions entre des individus qui ne sont pas nécessairement dans les bonnes dispositions pour réaliser une expérience ensemble. Cela pourrait expliquer pourquoi des expériences antérieures ont parfois révélé que les chimpanzés coopèrent, alors que d'autres ont abouti au résultat inverse", a déclaré M. Claidière.